samedi 8 novembre 2008

Les fonctionnaires bruxellois à nouveau en action

Jeudi, c'était la troisième fois de suite que les fonctionnaires de Bruxelles descendaient dans les rues pour renforcer leurs revendications salariales dans le cadre de l'accord sectoriel de 2008-2009. Cela c’était déjà produit le 16 juin, puis le 25 septembre. Les fois précédentes, la FGTB avait mobilisé seule., mais il y a eu cette fois-ci un "front commun syndical".

Par Eric (Bruxelles)

Finalement, environ 1.500 membres du personnel ont manifesté, principalement des membres de la FGTB, mais aussi un groupe important de la CGSLB - fort représentée parmi les pompiers, le personnel de Bruxelles-Propreté et la police – ainsi qu’un petit groupe de la CSC qui a pourtant osé disputer la tête du cortège à la CGSLB. Deux jours plus tôt, la CSC avait changé son fusil d'épaule en appelant uniquement les délégués à participer en prenant un congé syndical tandis que les autres militants et membres de la CSC avaient été demandés de rester au travail par leurs délégués. Cela n’a pas fait rire à la FTGB.

La FTGB a saisi l’occasion de tendre la main aux militants de la maison de repos OCMW-Ganshoren. Ces derniers ont à ce qu'on dit à faire avec un secrétaire dont les méthodes datent du 19e siècle, notamment en intimidant les membres du personnel pour qu’ils n’aient rien à voir avec les syndicats.

Les syndicats avaient initialement demandé un hausse de 150 euros. Ce n'est pas un luxe superflu quand on sait qu’un salaire mensuel de 1.100 euros n'est pas une exception dans bon nombre de services bruxellois. Selon les syndicats, ils avaient réussi à obtenir cet été du gouvernement bruxellois deux augmentations de salaire de 37,5 euros brut chacune, l’une devant être effective le 1er janvier 2009, l’autre à partir de 2010. Entre-temps, le gouvernement est toutefois revenu sur cette promesse, officiellement à cause de la dégradation des revenus régionaux.

A la mi-octobre, le gouvernement parlait encore de 20 euros, mais il apparaît maintenant que les ministres ne le savent plus eux-mêmes. Selon le ministre-président Charles Piqué (PS), le gouvernement est prêt à accorder une petite augmentation de 20 euros net. Son collègue, le secrétaire d'État aux services publics Brigitte Grouwels (CD&V), parle elle de 20 euros brut. Selon le secrétaire d'État Emir Kir (également du PS), responsable de la propreté publique, il en serait encore autrement. Mais d'une manière ou d'une autre, la revendication initiale de 150 euros a été écartée.

Pas de miracles donc que les esprits soient échauffés. Après trois grèves et manifestations, trois fois rien. Et maintenant ? Ici et là, la question d’un plan d’action a été posée, mais aucune réponse n’est venue en écho. La frustration est donc grande et elle s’est d’abord exprimée le long du trottoir, puis alors entre les voitures et dans le tunnel «comme une bande sauvages» auraient dit nos patrons. Mais pour nous c’était une irruption collective spontanée qui demandait une décision de la part de Brigitte Grouwels et d’Emir Kir dans les tunnels du ring bruxellois.

Les travailleurs de Bruxelles Propreté étaient venus avec des déchets. Les oeufs et les sacs d'ordures ont volé en direction du cabinet. Des sacs ont aussi été incendiés. «La puanteur? Nous sommes assis dessus quotidiennement, ils peuvent bien sentir cet arôme une fois et leur salaire est bien plus élevé que le nôtre. Nous voulons des sous !» Un plan d’action bien préparé et solide pour rendre silencieuses les sociétés est plus que nécessaire.

Comme d’habitude, on n’a pas vu de politiciens à cette manifestation. Ils se trouvent tous dans l’autre camp, sous la protection de la police. Seuls le MAS/LSP - avec un stand, des tracts et des journaux (une trentaine d’exemplaires de l’Alternative Socialiste ont été vendus) - et un militant du PTB se trouvaient du côté des fonctionnaires. Il est grand temps que les syndicats perdent leurs illusions dans la social-démocratie et la démocratie-chrétienne.


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