vendredi 31 octobre 2008

Nationalisons pour sauver les emplois, pas les patrons !

Ils ont gaspillé notre épargne et nos emplois

Leterme n’a eu besoin que d’un week-end pour trouver 4,7 milliards d’euros pour tenter de sauver Fortis de la faillite. Le weekend suivant, 6,8 milliards ont été dénichés pour Dexia, tandis qu’il n’a fallu qu’un seul jour pour sortir 1,5 milliard pour Ethias… Entretemps, des centaines de milliers de familles attendent toujours en vain des mesures pour combattre la baisse de leur pouvoir d’achat. Un problème que ne connaissent pas les topmanagers qui ont mené leur banque à la banqueroute : Mittler, l’ancien directeur financier de Fortis, a reçu cet été un petit parachute doré de 4 millions d’euros pour son départ !

Tim (Bruxelles)

Les banques, leurs managers et leurs grands actionnaires ont fait des profits de dingues ces dernières années avec leurs petits jeux irresponsables. L’an dernier, Fortis a fait 4 milliards d’euros de profit et Dexia 2,5 milliards. Mais quand leurs aventures financières se terminent mal, c’est au contribuable de payer la note. Rien que cette année, le gouvernement dépensera 500 millions d’euros uniquement pour payer les intérêts sur les emprunts contractés pour sauver Fortis et Dexia. Autant d’argent pris sur le dos des travailleurs…

Mais quand, le 6 octobre, des dizaines de milliers de travailleurs ont participé à la journée d’action nationale pour défendre le pouvoir d’achat, le gouvernement et les organisations patronales ont répondu en déplorant, la larme à l’œil, que les caisses étaient vides. Les profits des entreprises, nous n’en avons rien vu, et maintenant que leur système entre en crise, c’est encore à nous de casquer. Qu’est-ce qui a provoqué cette crise d’ailleurs ? La course au profit, l’anarchie du « libre » marché, les perpétuelles économies sur les salaires et les dépenses publiques, etc. Voilà les raisons fondamentales à la base de la crise actuelle. Les travailleurs en sont-ils responsables ? Non. Et pourtant aujourd’hui, ce qui est en jeu, ce sont notre épargne et nos emplois.

Pour faire plier le gouvernement et le patronat, une simple journée d’action comme celle du 6 octobre est insuffisante. Ceux qui ont participé aux actions auront remarqué à la fois la grande combativité présente à la base mais aussi le manque de volonté des directions syndicales pour mobiliser sérieusement, un élément bien entendu démotivant. Un véritable plan de mobilisation doit arriver avec des réunions de militants dans tous les secteurs et régions et un plan d’action concret pour chaque délégation syndicale avec pour objectif un mouvement aboutissant à une grève de 24 heures avec des revendications claires.

Pour faire face à la crise, le budget devrait répondre aux véritables besoins des travailleurs et de leurs familles : forte augmentation des salaires bruts, investissements dans les soins de santé pour s’attaquer aux listes d’attentes et à la pression de travail, plan massif de construction de logements sociaux publiquement financé pour faire baisser les loyers, augmentation des pensions et des allocations et enfin diminution du temps de travail avec embauches compensatoires et sans perte de salaire pour faire reculer le chômage. Si l’argent existe pour les millionnaires, pourquoi n’existerait-il pas pour les millions de gens normaux ?

Un tel plan ne serait réalisable qu’avec la nationalisation des secteurs clés de l’économie sous le contrôle démocratique des travailleurs et de l’ensemble de la population. Il n’y a pas que les pertes des entreprises en difficultés qui devraient être nationalisées, mais aussi les profits et les entreprises rentables: les banques, le secteur énergétique, les plus grandes entreprises du pays. Ces nationalisations devraient s’effectuer sans indemnités pour les grands actionnaires, mais bien pour les petits épargnants qui ont investi leurs économies. Ce n’est que de cette manière que l’économie pourrait être mise réellement au service des besoins réels de la population.


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